LES AMES DE SAINT-GERMAIN-DES-PRES

LES AMES DE SAINT-GERMAIN-DES-PRES

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Saint-Germain-des-Prés a dès le XVIIe siècle une âme littéraire et intellectuelle. Déjà les artistes prennent pour habitude de se retrouver dans les nombreux cafés qui fleurissent dans le quartier, tel le Procope qui ouvre ses portes en 1689 ou le café Landelle où les Encyclopédistes se réunissaient.

Après la Première Guerre mondiale, Saint Germain des Prés est devenu le quartier des intellectuels, un haut-lieu de la culture parisienne. L’un des premiers habitués du Café de Flore est le poète Guillaume Apollinaire. Les écrivains André Breton et Louis Aragon y fondent le mouvement surréaliste en 1924.

Des lieux mythiques tels que le Café de Flore ou les Deux Magots ont vu se retrouver de grands écrivains et penseurs tels que Simone de Beauvoir, Jacques Prévert, Boris Vian, Raymond Queneau ou encore Jean Paul Sartre. La jeunesse et les intellectuels sont alors animés par le désir de rompre avec l’ancien monde :  ils veulent refaire la littérature, le théâtre, la peinture, le cinéma… Le jazz joue également un rôle phare dans le développement de Saint-Germain-des-Prés dans les années 1950.  Dans les boîtes de nuits et cafés parisiens, le jazz de Sydney Bechet et Miles Davis font vibrer une population assoiffée de loisirs, à la sortie d’une période sombre.

Nous vous proposons ici une galerie de portraits des figures les plus marquantes de Saint-Germain-des-Prés, celles qui ont contribué à forger le mythe de ce quartier, bien entendu tant d’autres auraient pu y figurer.

(la suite)

Simone de Beauvoir

Elle obtient la notoriété en publiant en 1949 Le Deuxième Sexe, un essai philosophique et féministe, qui devient la référence du féminisme moderne et la révèle comme une grande théoricienne du mouvement de libération de la femme.

Simone de beauvoir

Jean-Paul Sartre

Prolifique et hyperactif, Sartre est autant connu pour ses paradigmes philosophiques, que l'on regroupe sous le nom d'existentialisme, que pour son engagement politique marqué à gauche. Son œuvre comprend des essais et textes philosophiques importants, comme "L'Être et le Néant" (1943), "L'existentialisme est un humanisme" (1946) ou la "Critique de la raison dialectique" (1960), mais aussi des textes littéraires : nouvelles ("Le Mur"), romans ("La Nausée", "Les Chemins de la liberté"), pièces de théâtre ("Les Mouches", "Huis clos", "Les Mains sales").

Jp sartre

Jacques Prévert

Anarchiste de cœur, Prévert se disait « rêveur » ou « artisan » plutôt que « poète ». Auteur d'un premier succès, le recueil de poèmes, "Paroles", il devient un poète populaire grâce à son langage familier et à ses jeux sur les mots.

Il était également un scénariste dialoguiste de grands films français des années 1935-1945 ("Le Quai des brumes", "Le jour se lève", "Les Visiteurs du soir", "Les Enfants du paradis" et "Les Portes de la nuit"…).

Prevert

Boris Vian

Boris Vian est un écrivain français, poète, parolier, chanteur, critique et musicien de jazz (trompettiste). Sous le pseudonyme de Vernon Sullivan, il a publié de nombreux romans parodiant le style des romans noirs américains, parmi lesquels "J'irai cracher sur vos tombes", qui a fait scandale. "L'Écume des jours", avec ses jeux de mots et ses personnages à clef, a fait de lui un véritable mythe.

Boris vian

Raymond Queneau

Ayant traversé le surréalisme, la littérature engagée et le Nouveau Roman sans jamais s'être plié à une seule de ces modes, Raymond Queneau a imposé un style original qui allie fantaisie malicieuse et poésie. A la Libération, Queneau fréquente les milieux de Saint-Germain-des-Prés. Il y fait la connaissance de Boris Vian, avec qui il partage une profonde amitié.

R queneau

Marguerite Duras

Après les réunions du Parti communiste auquel elle a adhéré, elle y rassemble tous ses amis et devient la reine d'un cercle de poètes et d'intellectuels. Elle sort aussi la nuit, aime écouter de la musique de jazz, et boire plutôt que danser... Associée, dans un premier temps, au mouvement du Nouveau Roman, elle publie ensuite régulièrement des romans qui font connaître sa voix particulière avec la déstructuration des phrases, des personnages, de l'action et du temps, et ses thèmes comme l'attente, l'amour, la sensualité féminine ou l'alcool : Moderato cantabile (1958), Le Ravissement de Lol V. Stein (1964), Le Vice-Consul (1966), La Maladie de la mort (1982), Yann Andréa Steiner (1992)…

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Juliette Greco

C’est dans le quartier de Saint-Germain-des-Prés, en 1945, qu’elle découvre le bouillonnement intellectuel de la rive gauche et la vie politique à travers les Jeunesses communistes. Elle devient la muse de Saint-Germain-des-Prés avant de se lancer dans la chanson. Elle est notamment célèbre pour avoir été l'interprète d'auteurs tels que Raymond Queneau, Jacques Prévert, Léo Ferré, Boris Vian et Serge Gainsbourg.

Juliette greco

Léo Ferré

Poète et musicien, Ferré a mêlé le lyrisme à l'argot, l'amour à l'anarchie. À la fin de l'été 1946, Léo Ferré s'installe à Paris. En 1954, il composera la chanson « à Saint Germain des près », faisant référence à ses années difficiles où, sans le sou, il chantait dans des cabarets ou des caves à chansons.  Juliette Greco reprendra notamment les chansons « Jolie même » et « avec le temps ».

Leo ferre 2

Picasso

Rue des Grands Augustins, vers Saint Germain des Prés, se cache un vaste grenier qui fut l’atelier de Picasso pendant presque vingt ans, et le lieu où en 1936 il peignit Guernica... Dès 1946, la Méditerranée attirera de nouveau Picasso, et le grenier parisien sera peu à peu déserté pour Antibes, Vallauris puis Cannes et Mougins.

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Miles Davis

En 1949, il y découvre un Saint-Germain- des-Prés insouciant, vit une romance avec Juliette Gréco. La France est à l'époque un pays beaucoup moins raciste que les États-Unis, surtout dans le milieu qu'il fréquente à Paris. Il a pour la première fois la sensation, comme il le dira dans son autobiographie « d'être traité comme un être humain »

Miles davis 1949

Le café de Flore

Que serait Saint-Germain des-Prés sans le café de Flore ?

« Nous nous y installâmes complètement : de neuf heures du matin à midi, nous y travaillions, nous allions déjeuner, à deux heures nous y revenions et nous causions alors avec des amis que nous rencontrions jusqu'à huit heures. Après dîner, nous recevions les gens à qui nous avions donné rendez-vous. Cela peut vous sembler bizarre, mais nous étions au Flore chez nous. » — Jean-Paul Sartre

Cafe de flore

Dans la chanson écrite pour elle par Guy Béart en 1960, "il n'y a plus d'après", Juliette Greco chante la nostalgie d’un âge d’or révolu dans un quartier qui garde une aura particulière. Les intellectuels n’ont pas complètement déserté le quartier mais ils sont moins nombreux que les touristes. Les loyers élevés ont chassé les éditeurs et les bars de jazz qui ont fait la renommée du quartier dans l’après-guerre. Ils ont laissé la place aux boutiques de luxe. Toutefois, ses bars et cafés restent les repères des étudiants et des artistes, peut-être une nouvelle génération prête à reprendre l'héritage laissé par leurs illustres prédécesseurs.

                                                                                                                                                                                   Fred Fontaine

                                                                                                                                                                                  Pour PROMETHEAS

 

 

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